Depuis quelques années, mes recherches et mes expérimentations plastiques s’articulent autour des formes de langages qui parcourent le lien entre la musique et la poésie. J’ai toujours eu un interêt particulier pour la poésie et les différents procédés d’expressions dans l’écriture tels que les figures de style et la relation entre la phonétique et l’écriture. Je m’intéresse à la déconstruction des langues poétiques et musicales pour la recomposition de nouveaux langages. Pratiquant la musique depuis mon enfance et particulièrement le piano, j’ai débuté mes expérimentations sur le langage musical dans mes pratiques artistiques autour de cet instrument. Mes projets s’articulaient autour du lien entre l’instrument et les contradictions de son usage afin de créer un nouveau code de langage. Par exemple en remplaçant le son des notes de musique par des fractions de poèmes sonores, créant ainsi une collecte de mots audibles pour de nouvelles compositions musicales et poétiques. J’associe beaucoup la musique et la poésie car la poésie c’est aussi l’art de composer avec des mots comme s’ils étaient des sons. Il faut que les mots s’accordent, s’associent, s’opposent, riment, scandés par un rythme, une cadence de lecture menée par la ponctuation, les espaces, les silences.

Cette relation entre le langage poétique et le langage musicale me questionne; qu’est-ce qui différencie et rassemble ces deux langages ? à quel moment les deux se rejoignent-ils ? Peut-on parler d’une continuité de langage ? Peut-on faire d’un langage poétique un langage sonore et vice-versa ? Mais avant tout, qu’est ce qu’un langage poétique et qu’est-ce qu’un langage sonore ?

Ce mémoire est un parcours où les mots se décomposent et finissent par devenir des sons. De ce fait, il n’y a pas d’image, il n’y a plus d’image, car les mots forment simplement une sonorité, un accord posé sur la feuille, qui devient son lorsque la lecture commence.